N'OUBLIONS JAMAIS !

Nouvelle série n° 147 - Juillet 1995

3 mai 1995 - Inauguration de l'Exposition, dans le bâtiment de la Metallwerke - ancienne usine Walther.

Extrait de l'allocution de Mme Christina WEISS, ministre de la Culture de Hambourg.

"[…] L'exposition que nous ouvrons aujourd'hui a pour seule ambition de transmettre des paroles et des images authentiques, des sentiments authentiques, à tous ceux qui demandent ce qui s'est passé jadis dans les camps de l'horreur et de la mort.

Mesdames et Messieurs les membres de l'Amicale, [...] j'aimerais vous remercier une nouvelle fois de l'engagement inlassable dont vous avez fait preuve pendant des années en faveur de ce site commémoratif. Soyez certains que cette exposition atteste que la ville de Hambourg prend très au sérieux son projet d'agrandir peu à peu le mémorial de Neuengamme. [...]

"Celui qui ne veut pas se souvenir de l'inhumanité risque d'être l'objet d'une nouvelle contamination". Tel est l'esprit dans lequel j'ouvre cette exposition. Puisse ce lieu devenir aussi un lieu du souvenir, de la méditation, du dialogue et des échanges."

Extrait de l'allocution de M. Robert PINÇON, Président de l'Amicale Internationale de Neuengamme

"[…] Il aura fallu que cinquante années s'écoulent pour que ce lieu, grand témoin de la terreur nazie, commence sa marche vers l'Histoire et qu'en soit évitée la banalisation. Si notre destin fut de survivre à cette douloureuse époque, notre volonté, anciens Häftlinge et familles des disparus, est d'assister à l'achèvement de la restructuration du site ; le temps passe si vite !
[…] Mais comment présenter l'inimaginable à ceux qui, même proches de nous, ne pouvaient croire la description des mois et années d'absence, tant elle était monstrueuse. Même après tout ce temps écoulé, deux esprits bien au fait de la déportation - Jorge Semprun et Elie Wiesel - exposaient récemment ce paradoxe : "Se taire est interdit, parler est impossible".
Il nous faut louer les efforts maintenant déployés pour que le témoignage, très vite, s'enrichisse. Il reste encore assez de forces parmi nous pour y satisfaire ; alors, mes amis déportés, ne perdez pas de temps !
Le mécanisme totalitaire a été mis à nu ; nous l'avons bien ressenti, les jeunes générations, sur toutes les connaissances assemblées, sont et resteront vigilantes pour que le combat pour la démocratie et le respect des droits de l'homme se poursuive. […]"