Roger GELY

- matricule 36568 -

Le kommando des bombes

C'est à la prison centrale de Hambourg que nous sommes enfermés pour renforcer un kommando déjà existant, mais sérieusement réduit par suite d'accidents mortels provenant d'éclatement de bombes à retardement. Nous interrogeons nos camarades et nous apprenons que notre travail consistera, à la suite d'un bombardement aérien, à déterrer les bombes non éclatées.
Constitués en équipes de six, sous l'autorité d'un artificier allemand et sous la garde de quatre "schuppos" par équipe, nous sillonnons dans tous les sens la ville déjà détruite de Hambourg. Dès que l'artificier avait détecté l'emplacement d'une bombe non éclatée, il fallait creuser de 4 à 5 mètres de profondeur, parfois dans l'eau, dégager la bombe, la crocheter à l'anneau de fixation et, au moyen d'un palan, l'amener au niveau du sol, ensuite la charger sur un camion. La bombe était ainsi transportée sur un terrain approprié pour y être détruite.
Ce travail plein de danger s'accomplissait dans le silence, la mort rôdait autour de nous. Journellement des bombes éclataient, réduisant ainsi petit à petit ce kommando dangereux.

Roger Gély, Neuengamme, témoignage, 1947.