Raymond GOURLIN

- Matricule 43948 -

Punition

"Je revois encore ce Français, condamné à recevoir 100 coups de schlague pour avoir échangé ses claquettes abîmées contre celles d'un mort de la nuit.

La sentence fut exécutée au retour du travail, devant tout le camp réuni sur la Place d'Appel.

Les Kapos lui mirent la tête et les bras dans un tonneau vide, les jambes attachées à l'extérieur et, à deux, lui infligèrent les 100 coups.

La mort avait fait son œuvre avant la fin du supplice, mais ses bourreaux terminèrent leur lâche besogne."

 

Journée de travail

"Nous travaillons pour la marine de guerre allemande. Il y a, sans qu'il soit possible d'avoir des contacts, des civils allemands et des ouvriers étrangers et même des Français du Service de travail obligatoire (STO).

La journée de travail est de 12 heures avec une pause d'une 1/2 heure le midi pour ingurgiter notre maigre pitance.

Tous les jours, même le dimanche, debout à 4 heures, toilette sans savon - mais nous avons une serviette de la Kriegsmarine - latrines vite fait, ensuite dehors par n'importe quel temps. Distribution, et pas tous les jours, du quart de "Kafé".

Rassemblement sur la Place d'Appel par block, ils nous comptent, nous recomptent et nous recomptent, toujours au garde à vous et c'est le départ pour l'usine, tête droite et au pas cadencé. Quatre à cinq km à faire à pied, en partie dans la boue du chemin. A 7 heures nous devons être au travail.

Le soir, à 19 heures, regroupés par ateliers, nous retournons au camp. Il faut marcher au pas et par cinq. Bien souvent il nous faut soutenir un camarade fatigué ou malade, transporter les morts de la journée assassinés par les kapos ou les SS.

Témoignage de Raymond Gourlin pour le CRDP de Champagne-Ardenne. 2000.

Pour le témoignage complet, consulter le site du CRDP :

http://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_deportation/temoins51/gourlin.htm